|
Vous trouverez
ci-après le compte
rendu du séminaire
de travail du 20
juin 2004 et
représente l'avis
des experts présents
(Drs Amberger,
Glardon, Glaus,
Hagen, Hauser,
Jenny, Kovacevic,
Schröter, Riesen).
Le désir du Docteur
C. Amberger, qui
nous a transmis ce
document, est que
ces informations
soient diffusées le
plus largement
possible et soit
lues par tous les
éleveurs et les
particuliers
concernés par les
problèmes de cette
maladie. Ce texte
est donc à la
disposition libre de
tout droit de
reproduction.
TOUT SAVOIR SUR LA
CARDIOMYOPATHIE
HYPERTROPHIQUE
Cardiomyopathie obstructive (CMO) et
Cardiomyopathie
hypertrophique (CMH)
chez le Maine Coon,
recommandation aux
éleveurs
Chris Amberger, Dr
Med Vet,
DECVIM-CA(Cardiology)
http://esvc.ch/
Inspiré de "Feline
Hypertrophic
Cardiomyopathy:
Advice for Breeders,
from M D. Kittleson,
R. Gompf et S.
Little,
www.winnfelinehealth.org"
Qu’est-ce que la
cardiomyopathie
hypertrophique?
Les CMO et CMH sont
des maladies
génétiques
caractérisées par un
épaississement des
parois du coeur au
détriment des
cavités internes.
 
Coeur normal : Cœur hypertrophique
l’épaisseur des
parois est plus
petite que les
parois sont
fortement épaissies
la dimension interne
l au détriment des
cavités internes
La cardiomyopathie
hypertrophique est,
chez l’homme, un des
grands responsables
de la mort subite
chez le jeune
adulte. Le complexe
CMO/CMH est la
maladie cardiaque la
plus courante chez
le chat, avec une
recrudescence
particulière chez le
Maine Coon.
L’épaississement
progressif de la
musculature
cardiaque se traduit
d’abord par un
agrandissement des
muscles papillaires,
puis de
l’intégralité du
myocarde des
ventricules. Si le
chat est porteur du
gène responsable de
cette maladie dès la
naissance, il ne
développera la
maladie qu’en fin de
croissance, vers 2
ans pour le mâle et
3 ans pour la
femelle. Lors de
l’apparition de
symptômes cliniques
causés par
l’insuffisance
cardiaque, il est
souvent trop tard
pour traiter le chat
de manière efficace.
Quelle est la cause
de CMO/CMH chez le
chat ?
Le rôle de
l’hérédité dans la
genèse de cette
maladie a été mis en
évidence chez le
Maine Coon (Kittleson
et al. Circulation,
1998), ou la
transmission
familiale a été mis
en évidence.
Il existe
malheureusement
plusieurs mutations
de la protéine
contractile des
muscles cardiaques
(myosine). La
myosine mutée ayant
une activité
réduite,
l’hypertrophie
cardiaque est un
phénomène
compensatoire visant
à essayer de
maintenir un débit
cardiaque normal.
L’hypertrophie des
muscles cardiaques
peut également être
causée par d’autres
maladies, comme
l’hypertension
artérielle et
hyperthyroïdisme. Si
la CMH/CMO est une
maladie primaire,
l’hypertension et
l’hyperthyroïdisme
causent un
épaississement de la
musculature
cardiaque secondaire
à un problème
circulatoire. Le
diagnostic de CMO/CMH
génétique chez un
chat âgé de plus de
5 ans ne devrait se
faire qu’après
exclusions des
autres causes
possibles.
Est-ce que la CMO/CMH
est génétique ?
Les nombreuses
mutations (130 à ce
jour) de plusieurs
gènes (10) sur
plusieurs
chromosomes
différents ont été
découvertes chez
l’homme. Chez le
chat, la
transmission
dominante autosomale
a été confirmée,
avec une expression
variable, ce qui
signifie que la
présence d’un seul
gène anormal chez un
des parents est
suffisante pour être
transmise aux
descendants. Il est
également possible
de trouver des
porteurs génétiques
qui ne développent
pas la maladie. Un
chaton peut donc
être testé positif
même si ses deux
parents ont été
déclarés négatifs.
L’expression
clinique de la
maladie est très
variable, certains
animaux seront
grièvement touchés,
d’autres de manière
beaucoup plus
discrète, et
certains ne seront
pas affectés alors
qu’ils pourront
transmettre le gène
mutant.
Le mode de
transmission est le
suivant : les mâles
et les femelles sont
affectés de manière
égale, chaque animal
développant la
maladie l’a acquis
de l’un de ses deux
parents (ou des
deux) et va
transmettre le gène
anormal à la moitié
de sa descendance.
Existe-t-il une
origine alimentaire
à la CMO/CMH ?
Aucune cause
nutritionnelle n’a
été mise en évidence
à ce jour chez le
chat ou l’homme. De
même, aucun ajout
alimentaire
(taurine, carnitine,
vitamines, etc..) ne
permet de soigner la
CMH.
Comment la CMO/CMH
est-elle
diagnostiquée ?
La CMO/CMH
est mise en évidence
par un examen
cardiaque aux
ultrasons
(échocardiographie).
Si
l’échocardiographie
effectuée par un
spécialiste est un
bon moyen de
dépistage des formes
avancées de CMO/CMH,
la détection des
formes minimes ou en
évolution reste très
difficile.
Idéalement, l’examen
cardiaque devrait
être fait par un
spécialiste en
cardiologie (DACVIM
ou DECVIM-CA).
D’autres examens
permettent de
confirmer la
présence d’une
hypertrophie
cardiaque comme la
radiographie ou
l’électrocardiogramme
(présence fréquente
d’arythmies
cardiaques)
Chez le chat plus
âgé, la mesure de la
pression artérielle
ainsi qu’un test
sanguin de la glande
thyroïde est indiqué
afin d’exclure la
présence d’une
hypertrophie
cardiaque secondaire
à une autre maladie.
Les tests de
dépistage sanguins
(génétiques) ou
biochimiques
(myoglobine,
troponines, ANP/BNP)
n’ont pas donnés les
résultats escomptés
à ce jour. Il ne
peuvent être utiles
que pour confirmer
une forme avancée de
la maladie, visible
également sur les
radiographies
thoraciques et ne
sont absolument pas
un indicateur
précoce de la
mutation,
spécialement les
troponines
cardiaques qui
n’augmentent qu’en
stade terminal de la
maladie.
A partir de quand,
et à quel intervalle
les chats
doivent-ils être
testés ?
Lorsqu’un chat
présente des signes
cliniques
(difficulté
respiratoire,
souffle cardiaque,
thrombose et embolie
périphérique), il
devrait
obligatoirement être
contrôlé.
Les tests des chats
pour un programme
d’élevage sont plus
délicats.
L’échocardiographie
n’est pas un
instrument parfait.
Certains animaux
avec une expression
modérée de la
maladie pourraient
ne pas être décelés,
particulièrement si
le matériel utilisé
ou la formation de
l’examinateur ne
sont pas adéquats.
Comme la CMO/CMH est
une maladie se
développant plus ou
moins rapidement, un
examen unique ne
garantit pas que le
chat ne développe
pas d’hypertrophie 6
mois ou une année
après.
Si un test positif
est fiable à 100%,
il n’en est pas de
même pour un test
négatif.
Les chats d’élevage
devraient
probablement avoir
un dépistage annuel
pendant leur période
de reproduction,
malgré les frais
élevés de ce mode de
dépistage.
De même, tout animal
décédé de manière
inexpliquée devrait
être autopsié, afin
de confirmer
l’origine cardiaque
du décès (d’autres
causes sont
également possible),
et ne pas condamner
inutilement les
parents et la
descendance à cause
d’un autre problème
(infectieux,
traumatique,
autre..)
Quel est l’âge
adéquat pour les
tests CMH
Chez le Maine Coon,
la majorité des
mâles touchés auront
des signes
décelables à
l’échographiques à
l’âge de 2 ans et la
majorité des
femelles à l’âge de
3 ans.
Bien qu’il n’y ait
pas de consensus
actuel sur l’âge
minimal, les experts
du groupe suisse de
cardiologie
vétérinaire
recommandent
d’attendre l’âge de
18 mois pour faire
les tests CMH
Quels sont les
endroits en Suisse
ou le dépistage peut
être effectué :
Facultés de médecine
vétérinaire :
Tierspital Zürich,
Département de
cardiologie
(Directeur : Dr Tony
Glaus DECVIM/ACVIM)
tél. 01 635 83 06
Tierspital Bern,
Département de
cardiologie
(Directeur : Prof.
C.W. Lombard) tél.
031 631 23 15
Centre référé en
imagerie à Genève
(Dr Chris Amberger
DECVIM, Dr Val
Schmid DECVDI) 022
734.42.48
Que dois-je faire si
mon chat est atteint
de CMH ?
Les chats dépistés
positifs à la CMO/CMH
devraient être
retirés de
l’élevage, et toute
la descendance
contrôlée afin
d’éviter la
dissémination du
gène muté.
Statistiquement, 50%
des portées obtenues
avec un chat malade
seront porteurs du
gène.
Les parents d’un
chat dépistés
positivement
devraient également
être contrôlés,
puisque l’un des
deux (ou les deux)
est porteur de la
mutation.
Traitement de la
cardiomyopathie
hypertrophique :
A l’heure actuelle,
il n’existe aucun
traitement
permettant de guérir
la CMH/CMO.
Si l’hypertrophie de
la musculature
cardiaque est le
résultat d’une autre
maladie, le
traitement de la
maladie primitive va
améliorer
spontanément la
fonction cardiaque.
L’hypertrophie de la
musculature
cardiaque empêche
une fonction normale
du cœur. Plusieurs
médicaments sont
souvent nécessaires
afin d’empêcher le
développement d’une
insuffisance
cardiaque
définitive.
Les options de
traitement dépendent
de l’état clinique
de l’animal, ainsi
que du type de
cardiomyopathie
rencontré.
Le traitement
cardiaque devra à la
fois améliorer le
travail du cœur,
réduire la charge
cardiaque afin
d’éviter
l’apparition d’œdème
et prévenir le
risque d’embolie
périphérique.
Si un chat présente
des signes sévères
d’insuffisance
cardiaque ou de
paralysie/parésie
d’un membre, un
traitement en
urgence sera
indispensable. Le
pronostic de la
maladie est alors
très sombre.
Le stade du
développement de
cardiomyopathie
hypertrophique est
déterminant pour le
choix du traitement.
Si un animal en
stade précoce ne
présente aucun
symptôme, une forme
avancée de la
maladie est
généralement
associée à de
nombreux signes
cliniques.
La qualité de vie de
l’animal est le
facteur le plus
important en ce qui
concerne la décision
de traiter ou
d’endormir, selon
les possibilités de
confort que nous
pouvons lui offrir.
Ce texte a été
élaboré en
collaboration avec
le groupe Suisse de
cardiologie
Vétérinaire
(président, Dr. T.
Glaus, DACVIM/DECVIM),
compte rendu du
séminaire de travail
du 20 juin 2004, et
représente l’avis
des experts présents
(Drs Amberger,
Glardon, Glaus,
Hagen, Hauser,
Jenny, Kovacevic,
Schröter, Riesen)
|